Présence gallo-romaine


Selon G. Launay, Mazangé(Mezengiacum au XIIe siècle) est une ancienne villa romaine située non loin d'une voie qui suivait le faîte du plateau, entre la rivière dite justement de Mazangé et le Boulon. Cette voie connue dans le pays sous le nom de Rues, vient d'Amboise, franchit le Loir au Gué-du-Loir et rejoint à Mondoubleau la grande voie Lyon-Normandie qui passsait à Areines près de Vendôme.
On aurait d'ailleurs trouvé des vestiges d'anciennes chaussées à Villeguison. (source)

La forme ancienne Mezengiacum appartient également à Mésangers près de Laval et Mésanger (Maine-et-Loire).

De la villa romaine on n'a d'autres traces que le nom, les débris (détruits) d'une petite pile située sur le plateau, à l'est et tout près du bourg, et quelques monnaies dont une pièce en argent, de Gordien.

Le chateau du Bignon


Aujourd'hui disparus ces traces de la présence gallo-romaine dans la commune sont décrites par G. Launay en 1863 dans le bulletin de la Société Archéologique

A 300 mètres environ de l'église de Mazangé, en gravissant le coteau assez rapide qui, de ce côté, borde l'étroite vallée, on rencontre, aux trois quarts de la pente, un massif rectangulaire de maçonnerie mesurant 3m45 de côtés et s'élevant au-dessus du sol de 2m50. Les matériaux employés et le genre de construction ne pouvaient laisser aucun doute sur l'époque de sa fondation.
La face principale, tournée à l'ouest vers la vallée, présente quatre rangs de briques longues séparées par une couche de mortier-ciment de même épaisseur que ces dernières. Au-dessus de ces rangs de briques et alternant avec elles, on voit une maçonnerie de pierres de petit appareil servant de revêtement à un blocage en moellons noyés dans le mortier et arrondi à sa partie supérieure par par le temps et par les herbes qui le couvrent. Les trois autres faces sont revêtues d'assises de briques seulement.
Il était difficile, à première vue, de découvrir quelle avait dû être la destination de ce petit monument. Si, comme on pouvait le croire avant d'avoir fouillé, on ne voyait là que la partie supérieure d'une construction dont la base était enfouie, tout semblait indiquer la présence d'un petit temple gallo-romain, en raison de son analogie avec la tour de Grisset, près Fontaines.
Cette opinion paraissait d'autant plus fondée, que, vers le milieu de la face principale, au niveau des terres, on apercevait un vide qui pouvait être pris pour une ouverture donnant accès dans l'intérieur.
En procédant à des fouilles, il a été facile de se rendre compte de cette construction. Au lieu de la partie supérieure du monument, c'est au contraire sa partie inférieure que nous avions sous les yeux, reposant sur un massif de grosses pierres formant les fondations. Le vide signalé n'était autre chose qu'une excavation pratiquée à une époque bien antérieure sous les fondations pour y découvrir ds trésors cachés. On cite à ce propos, dans le pays, une foule de légendes plus bizarres les unes que les autres.
Des fragments assez considérables détachés de cette construction, et répandus autour sur le sol, indiquent qu'elle devait avoir une certaine élévation. Ces blocs, qui n'offrent qu'un seul parement de même appareil que le reste, prouvent évidemment que de bas en haut il n'y avait aucun vide intérieur.
Qu'était-ce donc que ce petit monument, d'une forme presque carrée, en maçonnerie pleine avec revêtement en briques, bâti presque au sommet du coteau, et dominant une ancienne voie taillée, à 15 mètres au-dessous, en partie dans le roc, ou formée d'un blocage qui atteste son origine ?
Qu'était-ce, disons-nous, sinon une de ces tours pleines, tantôt rondes, plus souvent carrées, élevées le long des voies romaines, pour servir de tombeaux ou pour indiquer des divisions territoriales ou les confins (fines) des différents pays ?
Le coteau sur lequel s'élève ce petit monument offre une particularité qui mérite d'être signalée. Indépendamment de la voie qui passait au-dessous de la tour, on remarque, à la hauteur de cette dernière, sur une étendue de 15 à 20 mètres, une dépression dans le terrain indiquant qu'elle a dû être faite d'homme pour y assoir une construction, car au delà le côteau reprend subitement sa courbure uniforme.
Ces sortes de constructions massives sont assez communes sur le sol de France. On en trouve en Saintonge, connues sous le nom de Tour de Pyrelonge et de Fanal d'Esbéon; quelques-unes dans l'Agenais, placées, ainsi que les précédentes, dans le voisinage de voies romaines, et formées, comme celle de Mazangé, d'un blocage revêtu d'un petit appareil.
Différentes opinions se sont produites sur la destination de ces monuments : les uns les ont considérés comme des fanaux ; d'autres comme des monuments votifs élevés en souvenir de grands évènements, ou comme des tombeaux. Tous sont d'accord pour leur assigner une origine gallo-romaine.
Ce n'est donc pour nous, Messieurs, qui avons cru d'abord à l'existence d'un temple gallo-romain à Mazangé, qu'une substitution à faire, qu'un échange de monuments ayant la même origine, dont l'une est encore plus rare en France que l'autre, et qui atteste une fois de plus le séjour des Romains dans nos contrées.
Mazangé n'a pas que cette seule preuve à nous offrir : la tradition rapporte que son église a été bâtie sur les débris d'un temple gallo-romain. Sans pouvoir préciser quelle espèce de monument fut élevé en cet endroit sous la domination romaine, on peut avec certitude avancer qu'il dut avoir une certaine importance, car la presque totalité du mur septentrionnal de l'église (28 mètres environ de longueur sur 7 mètres de hauteur) appartient évidemment à cette époque. Le petit appareil des pierres échantillonées avec soin, l'épaisseur et la régularité des joints qui les séparent, quelques ouvertures en plein ceintre et murées, ne peuvent laisser aucun doute à cet égard.


Bulletin de la Société archéologique du Vendômois 1863 - Source: gallica.bnf.fr
Bulletin de la Société archéologique du Vendômois






Réalisé à Mazangé - 2001-2013
Dernière mise à jour le 09/05/2013
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