Le manoir de Bonaventure



I- Cadre géographique et contexte historique


Le manoir de la Bonaventure se trouve situé dans la vallée du Loir, au bord du Boulon qui se jette lui-même dans le Loir au lieu-dit le « Gué du Loir », sur la commune de Mazangé.
La petite région autour de Mazangé est un lieu de passage, un lieu de contact entre la vallée du Loir d'un côté et les axes d’échanges nord sud de l’autre : C’est par là que passaient ceux qui empruntaient dès l’Antiquité l’une des routes allant de Paris à Tours pour traverser lecours d’eau au lieu-dit le « Gué du Loir ».
Il existait d’ailleurs un droit de péage pour passer le gué.
Le manoir de la Bonaventure se situe à un carrefour, ainsi qu’on le voit très bien sur la carte de Cassini, grand astronome et géographe, carte réalisée au XVIIIème siècle pour « mesurer les distances et le positionnement exact des lieux».


Deux siècles plus tard, la comparaison avec la « Carte de France » actuelle apporte la preuve de la réussite de cette entreprise.

La carte de l’Institut Géographique National montre l’évolution du réseau routier depuis lors :
Aujourd’hui, ces routes anciennes existent toujours, mais elles sont devenues de simples dessertes locales, car les grandes voies de circulation modernes (autoroutes, routes nationales) s’exonèrent totalement des contraintes liées au relief grâce aux nouvelles techniques de construction.

I -1- Pendant les périodes de conflits historiques, ce lieu de passage a pu se transformer en zone frontière


En effet, il devenait alors un lieu stratégique entre puissances rivales et ce fut le cas dans la Gaule antique, pendant la Guerre de 100 ans et pendant les guerres de religion.

a- A l’époque gauloise
Ce fut un lieu d’affrontement entre les tribus gauloises, Carnutes autour de Chartres et Cénomans autour du Mans.

b - Pendant la Guerre de 100 ans au Moyen Age
Entre 1350 et 1450 environ, c’était une zone frontière entre les possessions du Roi de France et celles du Roi d’Angleterre.

c - Pendant les guerres de religion à la fin du XVIème siècle
Entre 1562 et 1598, la région a connu une période très troublée ; elle était parcourue par des bandes rivales et le manoir a même dû se fortifier sous le règne d’Henri III.

I -2- Pendant les périodes de paix au contraire, cette région a connu des moments de sécurité et même de prospérité, au cours desquelles le manoir a été construit.

Tels furent :
- les XIIème et XIIIème siècles du « Beau Moyen-âge»,
- la période de paix qui suivit la Guerre de 100 ans de 1450 à 1562
- puis celle de la pacification religieuse après les guerres de Religion, à partir de 1598.

a - Aux XIIème et XIIIème siècle, les progrès agricoles puis la croissance des villes favorisent la croissance économique et la renaissance du commerce.
Autour du Mans, Chartres, Tours, Blois, tout un réseau routier se développe. Le Vendômois,comme l’ensemble du Val de Loire et de la France, a connu alors des moments de très belle prospérité.
L’essor urbain va de pair avec la naissance de nouveaux ordres religieux, les « Ordres mendiants » comme les Dominicains et les Franciscains dont faisait partie Saint Bonaventure (qui aurait peut-être donné son nom au manoir).

b - La paix revenue après la Guerre de 100 ans ramène la prospérité.
Entre 1450 et 1562, le pays bénéficie du calme rétabli. Le commerce réapparait sur des routes qui se développent ; hommes et marchandises empruntent le gué du Loir pour aller du Perche et du Vendômois vers la Touraine ; un droit de péage est sans doute perçu sur le Boulon.
Les Rois de France Charles VIII, Louis XII et François Ier aiment le Val de Loire : leur Cour, itinérante, est souvent installée à Blois, qui devient le centre politique du Royaume : le Vendômois, tout proche de Blois, devient ainsi un lieu privilégié où les membres de l’entourage du Roi peuvent se constituer des domaines : le pays se couvre de châteaux et manoirs appartenant aux proches du Roi de France( et c’est de cette époque que date le logis seigneurial de la Bonaventure).

c – Après les guerres de religion, la paix en Vendômois ne sera plus guère troublée, mis à part les bouleversements révolutionnaires.
La paix religieuse est instaurée en 1598 par l’Editde Nantes.
Le Roi Henri IV met fin aux guerres de Religion et rétablit la paix religieuse ; sous sa houlette, la prospérité revient en France, dans le Vendômois et au manoir de la Bonaventure.
Roi pacificateur et aussi Roi autoritaire, fondateur de l’idée de la monarchie absolue de droit divin, Henri IV assoit son pouvoir en France et en Vendômois en installant à son service de petits nobles et en leur donnant des charges.
Ainsi le fit-il pour les Musset, propriétaires de la Bonaventure dès 1537, qui furent d’abord juristes (lieutenants du Bailli de Blois), puis accédèrent à partir du XVIIème siècle à une petite noblesse d’épée (capitaines des régiments royaux).
A partir de cette époque, l’histoire de la Bonaventure se confond avec celle de la famille Musset, propriétaire du Manoir entre 1537 et 1847.

II- Les habitants de la Bonaventure


Comment peut- on connaître l’histoire de la Bonaventure et de ses habitants ? Par lesarchives et par les pierres. Malheureusement ces méthodes habituelles ne fonctionnent pas très bien :
- on connaît peu d’archives sur la maison et ses habitants ; elles sont d’ailleurs éparpillées et parfois contradictoires ;
- les pierres : la maison a connu beaucoup de changements, de constructions et de destructionsau cours des siècles ; très peu de découvertes ont été faites à l’occasion des travaux.
Si on ne sait rien sur les premiers occupants de la Bonaventure, on connait, en revanche, par les archives, les propriétaires à partir de la fin du XVème siècle : nom, date de naissance, de décès, souvent de mariage. Les Musset ont été propriétaires de la Bonaventure pendant une très longue période : de 1537 à 1847, soit 310 ans.
Ils vivaient à la Bonaventure souvent entourés d’une famille nombreuse, mais beaucoup d’enfants mouraient en bas âge.
On ne sait pas si les Musset avaient de nombreux serviteurs, mais peu devaient loger sur place car les bâtiments des communs, même s’il y en avait autrefois davantage qu’actuellement, étaient petits : seule la tour en ruine semble avoir été une maison d’habitation.
Au XVIème siècle, il y avait peut être en outre des soldats. Il n’y avait pas non plus beaucoup d’animaux à l’intérieur de l’enceinte, en dehors de la période où la maison était une exploitation agricole : quelques chevaux et vaches dans la grange, des chiens dans le chenil, des pigeons. Le matériel agricole lourd, les machines et les troupeaux étaient rassemblés dans deux grandes fermes assez éloignées, la Ripopière et la Hacherie, et dans un grand pressoir dans les falaises du Gué du Loir. Le moulin d’Echoiseau a longtemps appartenu à la Bonaventure.
L’étendue des terres, situées essentiellement sur le territoire actuel de Mazangé, a varié d’une époque à l’autre en fonction des acquisitions, mariages et héritages: les Musset étaient souvent seigneurs de la Bonaventure, du Boulon, de la Hacherie, de la Ripopière, de Champihard et de Vauchalupeau, du Mesnil et de la Courtoisie.

II -1- Un XVIème siècle brillant

Les propriétaires de la Bonaventure ne sont pas des grands seigneurs mais des personnes qui, par leur métier, sont des familiers ou des conseillers des rois ; ceux-ci leur confiaient parfois des missions délicates.
Curieusement, celui de ses propriétaires que l’on connait le mieux est celui qui vivait vers les années 1500. Théodore Gaynier est un Italien qui a été le médecin de Charles VIII et de Louis XII. On le connait surtout parce qu’il avait une très belle bibliothèque de manuscrits qui, aujourd’hui encore, constitue une partie importante du fonds ancien de la bibliothèque de Vendôme. Son fils vendit la maison à Nicolas Girard de Salmet, barbier et chirurgien de François Ier. A cette époque, comme on la dit, la cour était itinérante et les rois de France venaient souvent à Blois et à Chambord.
En 1537, la fille de Nicolas Girard de Salmet épouse Claude Musset, légiste, lieutenant du bailli de Blois.
Le XVIème siècle est la période la plus intéressante de l’histoire de la Bonaventure. Pendant toute cette période, y compris les guerres de religion, la famille reste très proche des rois et de leur cousin le duc de Vendôme. On raconte que celui-ci, Antoine de Bourbon, père du futur Henri IV, venait parfois à la Bonaventure, ce qui était l’occasion de joyeuses fêtes au cours desquelles la chanson « la bonne aventure au gué » aurait pu être composée. On ne sait pas si Ronsard est venu à la Bonaventure à l’une de ces occasions mais Guillaume Musset, a épousé Cassandre de Peigné, fille de Cassandre Salviati, pour laquelle Ronsard a composé des poèmes célèbres.
Les Musset ont obtenu d’Henri de Navarre, duc de Vendôme, et d’Henri III le privilège de construire une enceinte pendant les guerres de religion (l’original de ces textes est à la bibliothèque de Vendôme).
Les Musset ont été pendant la plus grande partie du XVIème siècle des juristes (lieutenant du bailli de Blois, conseiller du roi...).
Ils ont élargiprogressivement leur domaine en acquérant des terres nobles par achat ou par mariage. Vers la fin du XVIème siècle, ils passent de la noblesse de robe à la noblesse d’épée : ils deviennent alors militaires et sont en général capitaines dans les régiments royaux jusqu’à la fin du XVIIIème siècle ; ils n’ont eu que très rarement un grade plus élevé car ils n’étaient pas de grands seigneurs.

II -2- Un XVIIème siècle difficile

Leurs fonctions d’officier impliquent les Musset dans les innombrables guerres de Louis XIII et de Louis XIV.
Ils y meurent souvent très jeunes et ont des difficultés pour gérer leur domaine. Nous savons en particulier que la fin du XVIIème siècle a été très difficile sur le plan financier pour les Musset, comme d’ailleurs pour la France entière.

II -3- Un XVIIIème siècle prospère mais fatal à la Bonaventure

Au début du XVIIIème siècle, la prospérité de la famille se rétablit grâce à Charles Antoine de Musset qui fait un brillant mariage avec Angélique du Bellay, lointaine parente du poète Joachim du Bellay et fille du gouverneur de Vendôme dont vous verrez le portrait au musée de Vendôme.
Il démissionne de sa charge pour se consacrer à l’exploitation de la Bonaventure et achète de nombreuses terres. Son fils suit la même voie, puis décide de quitter la Bonaventure, qui ne correspondait plus à son état devenu prospère : il vend des terres, confie la Bonaventure à un régisseur puis achète, en 1762, le château de Cogners, (dans la Sarthe, à une quarantaine de kilomètres), qui fait de lui un marquis ; il y déménage avec toute sa famille.

C’est le début de la déchéance de la Bonaventure.

II -4- La Révolution et l’Empire, une période agitée


Comme toutes les familles françaises, la famille Musset s’est divisée au cours de la Révolution. Certains sont restés fidèles au roi et ont émigré. Les autres Musset ont essayé de trouver des compromis qui leur permettent de continuer à vivre chez eux. Beaucoup n’ont cependant pas échappé à la prison sous la Terreur.
Ensuite, ils ont poursuivi leur carrière, pour partie militaire, pour partie civile (certains sont devenus député ou préfet).
Pour sa part, le père d’Alfred de Musset, Victor-Donatien, né non loin de la Bonaventure, filleul du maréchal de Rochambeau, dont il porte le prénom et cousin du marquis de Cogners, a fait ses études à Vendôme et est très attaché à la région. Il a été bonapartiste et libéral ; il a donc mené une vie difficile à la Restauration.
Il faut signaler qu’il a édité les œuvres de Jean-Jacques Rousseau. Pendant l’Empire, il a racheté la Bonaventure à ses cousins, dans des conditions très compliquées, sans doute par intérêt pour les origines familiales, mais il n’y est venu que rarement avec ses enfants. Ceux-ci vendent la Bonaventure en 1847.
On sait qu’Alfred de Musset est venu une fois à la Bonaventure, en 1822, alors qu’il était âgé de douze ans, avec son père et son frère Paul. Il y est resté quelques jours et nous a laissé un dessin qui est la plus ancienne représentation que nous connaissions de la maison.

II -5- Le XIXème et le XXème siècles, de nombreux propriétaires aux comportements très variés à l’égard de la Bonaventure


Après la vente de 1847, la Bonaventure est passée entre plusieurs mains et a perdu pratiquement toutes ses terres.
Elle est devenue, en 1869, la résidence d’une famille d’agriculteurs qui se sont peu souciés d’entretenir cette vieille maison et ont vendu tous les éléments décoratifs qui subsistaient.
En 1969, l’ancien propriétaire étant décédé, la famille Magnant a acheté une maison partiellement en ruine et en a entrepris la restauration.




III - La maison


La Bonaventure a la forme d’un L, avec une aile construite à la fin du XVème siècle et l’autre vers 1600 ; elle est entourée d’une enceinte, qui comptait au moins 6 tours à l’origine et 4 aujourd’hui; elle comprend également des communs.
Une des tours a été transformée successivement en pigeonnier, puis en habitation.

III – 1 Que sait-on de ses origines ?

Quelques rares vestiges montrent qu’il existait quelque chose au Moyen Age, sans permettre de dire de quoi il s’agissait. Nous n’avons pas trouvé non plus d’archives consistantes, et nous devons donc nous référer aux historiens locaux.
La petite région de Mazangé a presque toujours été disputée entre les rois de France et d’Angleterre ainsi qu’entre les comtes d’Anjou et de Blois au Moyen Age.
La Bonaventure aurait été un petit bâtiment religieux consacré à St Bonaventure, grand théologien italien du XIIIème siècle ; elle aurait été occupée successivement par les Templiers, puis par les Cordeliers (Franciscains); en outre, elle gardait ce lieu de passage qu’est le Gué du Loir.

III -2 Le logis seigneurial et l’enceinte.

Après 1450, fin de la guerre de cent ans, la France a connu une période assez calme ; c’est de cette époque que date le logis seigneurial de la Bonaventure. Le logis seigneurial a été construit vers 1485 en style gothique tardif.
L’enceinte, les tours, y compris le pigeonnier, l’écurie, la petite maison et le jardin clos ont du être construits au XVIème siècle. Sur les 6 tours d’alors, 2 ont été détruites à la fin du XIXè me siècle et au début du XXème.

a-Châteaux et manoirs
Distinguons châteaux et manoirs : le manoir est plus petit et moins fortifié qu’un château, son propriétaire est moins riche et moins noble, il appartient à la petite noblesse et souvent à la noblesse de robe (juge, fonctionnaire, conseiller du roi et des autorités locales, comme le bailli).
La Bonaventure n’est pas un château, ni un château fort : c’est un manoir qui a été plus tard fortifié en raison de sa situation isolée dans une zone fréquentée par des pillards pendant les guerres de religion.

b- Un manoir fortifié
L’enceinte, composée sur 3 côtés de murs avec des tours et sur le 4° par la douve, protégeait le logis : si on regarde attentivement le mur, on constate qu’il a été rehaussé, que les créneaux ont été bouchés et qu’on a ouvert des meurtrières et des arquebusières ; tous ces travaux ont eu lieu pendant les guerres de religion.
Deux des tours encadraient un grand portail, seul point d’entrée dans l’enceinte, qui a peut-être été précédé par un pont-levis dont il ne reste aucune trace ; tout au plus le pont actuel repose-t-il peut-être sur les mêmes bases.
Devant la façade du logis, on avait creusé un fossé qui captait l’eau des ruisseaux venant d’Azé et de Mazangé, et qui était peut-être une douve, même s’il n’est plus très profond aujourd’hui.

c- Le logis seigneurial
Si l’on regarde le pignon sud qui domine l’entrée principale du logis, on observe que ce pignon en pierre présente de nombreuses ouvertures, 3 belles fenêtres à meneaux et 3 portes superposées. On entrait au rez-de-chaussée du logis par la petite porte que l’on voit à droite : les portes sont étroites et souvent basses à cette époque.
On suppose que la partie gauche de ce pignon était flanquée d’une tourelle renfermant un escalier à vis, qui permettait d’accéder aux deux étages supérieurs, ainsi qu’à une galerie qui parcourait toute la façade ouest jusqu’à l’autre bâtiment ; on voit en effet deux portes murées à la même hauteur, qui pourraient être les deux extrémités d’une telle galerie.
Pour le reste, cette façade ouest, en moellons et enduit, comporte très peu d’ouvertures : les portes-fenêtres ont été ouvertes vers 1800.

Au contraire, la façade est, qui regarde le Boulon, présente la même construction en pierre de taille et le même système de fenêtres à meneaux que le pignon, architecture qui marque la fin du Moyen Age et le début de la Renaissance.

III -3 Le pavillon et le mur en ruine


a-Le pavillon
La deuxième branche du L est constituée par un bâtiment ayant un toit à 4 pentes, que l’on appelle un pavillon. Son architecture extérieure marque le début de l’époque classique : la façade a une structure régulière, avec des fenêtres superposées entourées de gros bossages en pierre.
L’objet de cette construction (ou reconstruction) était de faire la « chambre du roi », que tout château qui se respectait entretenait en espérant avoir à l’utiliser. A notre connaissance, elle n’a pas servi, et nous ne connaissons pas son aspect initial.

b-la salle voûtée
Ce pavillon est construit sur une salle préexistante, que nous appelons la « salle voûtée » et qui est peut-être la partie la plus ancienne de la Bonaventure.
A partir du XVIème siècle, cette pièce a servi de cuisine car sa construction toute en pierre réduit le risque d’incendie ; de 1869 à 1969, c’est dans cette pièce que vécurent les occupants de la Bonaventure, qui étaient ainsi épargnés par les ruissellements et les pluies passant ailleurs à travers les planchers.
Cette construction très solide a résisté à l’effondrement du toit vers 1965.

c-le mur
Dans le prolongement de la façade de ce bâtiment s’élevait un mur, dont on voit les ruines, qui séparait la cour et la basse-cour ; pour aller de l’une à l’autre, on passait sous une arche que l’on voit encore sur une photo datant des années 1950 et dont il ne reste que l’amorce.

IV - 4 La basse-cour et le pigeonnier

Dans la basse-cour, on voit une grange au grand toit datant du XVI° qui était en fait l’écurie, les ruines de la chapelle (dont le style gothique tardif est très apparenté à celui du pignon), les ruines d’une grande tour, qui était une habitation détruite au début du XX° siècle, et surtout le pigeonnier, construit à partir d’une tour à la fin des guerres de religion.
Il avait 800 boulins (niche abritant un couple de pigeons), ce qui laisse penser qu’à l’époque de sa construction le domaine des Musset mesurait 800 arpents (soit environ 400 ha).
Le fait de posséder un pigeonnier était un privilège seigneurial qui a été aboli à la Révolution.
C’est donc vers 1800 que le pigeonnier a été transformé en une charmante maison d’habitation, comportant deux étages et de nombreuses ouvertures.

V - Abandon et restauration

Cette transformation du pigeonnier est le dernier aménagement qu’ait connu la Bonaventure, avant une longue période d’absence d’entretien, d’abandon puis de destruction.
Dans les années 1960, le toit du pavillon s’est effondré et les toits des tours en bordure de la route ont été abattus en raison du risque d’effondrement sur la route.
Cette situation a suscité une vive émotion locale et la création d’une association de défense qui a obtenu le classement de la Bonaventure comme monument historique en 1966.
Depuis 1969, les propriétaires veillent attentivement à la bonne conservation de la Bonaventure et à son rôle culturel dans le Vendômois.

L’histoire de la Bonaventure montre que le patrimoine architectural, témoins de notre histoire, est fragile : il peut disparaitre s’il ne fait pas l’objet d’un entretien régulier.

VI - Le souvenir d’Alfred de Musset

Le souvenir des Musset demeure cependant présent à la Bonaventure : le centenaire de la naissance d’Alfred y a été commémoré en 1910, et c’est en souvenir du poète que la Bonaventure a été classée et a pu être ainsi sauvée. Elle tient toute sa place dans les manifestations de son bicentenaire en 2010.


Texte de Anne et Pierre Magnant.
Dossier complet : dans la Plaquette Les Musset et la Bonaventure



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Dernière mise à jour le 20/08/2014
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